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Rejets répétés, syndrome de l'imposteur, burnout : un côté sombre de la vie universitaire

Psychomédia Publié le 22 mai 2020



La vie universitaire n'est pas faite que d'apprentissage, de découvertes et de choses existantes, soulignent des chercheurs en psychologie dans un article publié en avril 2020 dans la revue Perspectives on Psychological Science dans lequel ils partagent leurs expériences personnelles de rejet répété, syndrome de l'imposteur et burnout.





Ces expériences négatives, soulignent-ils, sont rarement évoquées en public, ce qui crée un sentiment de solitude et d'isolement chez les personnes qui pensent être les seules à les vivre.


L'objectif de l'article est d'explorer et de déstigmatiser ces expériences communes en partageant des histoires personnelles d'universitaires à différents stades de leur carrière et occupant différents types de postes.


Le rejet répété


De la soumission de manuscrits, aux demandes de subventions, aux applications pour des emplois, des chercheurs ont appris que « le rejet n'est pas un échec », écrit Kate Sweeny (Université de Californie Riverside).


Elle recommande de faire une pause avant de passer à une prochaine étape, de ne pas ressasser sur le rejet, de ne pas avoir peur ou honte de demander de l'aide si le stress du rejet devient trop lourd, et de discuter de ses expériences avec des collègues de confiance.

Josh Ackerman (Université du Michigan) propose la création d'un CV fictif qui inclut chaque rejet. Cela peut être décourageant, reconnaît-il, mais cela peut aussi aider les universitaires à reconnaître les progrès qu'ils ont réalisés. De plus, partager ce CV fictif avec d'autres pourrait aider à « briser le silence autour des rejets et à normaliser les discussions sur ces expériences ».


Ludwin Molina (Université du Kansas) souligne l'importance de comprendre que le rejet vise les idées et non les individus. Outre le fait de ne pas prendre le rejet personnellement, il recommande également d'essayer de trouver les « points positifs » d'un rejet et écrit sur la nécessité de freiner l'approche « publier ou périr ».


Le syndrome de l'imposteur


Le syndrome de l'imposteur fait référence au sentiment que l'on prétend être quelque chose que l'on n'est pas. Nick Rule (Université de Toronto) estime que la culture universitaire pousse les universitaires à « avancer à la limite du mirage du perfectionnisme » et que le coût de ces efforts, combiné à un rejet constant, peut entraîner chez les universitaires le sentiment que leurs rares succès sont des exceptions plutôt que la preuve de leur capacité. Pour surmonter le syndrome, il suggère de reconnaître les mythes sur ce que doit être un universitaire plutôt que d'y adhérer.


Linda R. Tropp (Université du Massachusetts à Amherst) commente son expérience du syndrome de l'imposteur en tant que professeur titulaire. Elle rapporte avoir pris l'habitude de se sentir reconnaissante pour ses succès au lieu de penser qu'elle les méritait et qu'elle a été surprise lorsque les gens se sont intéressés à son travail. Elle recommande d'avancer malgré la peur et de se rappeler que les autres ne les verront probablement pas comme des imposteurs.


Brooke Vick (Muhlenberg College) pense que le syndrome de l'imposteur qu'elle ressent découle du fait qu'elle adhère à des normes élevées et que, par conséquent, elle est sujette à un perfectionnisme paralysant. Ce syndrome pourrait également refléter sa sensibilité aux repères sociaux et à la comparaison avec les autres. Ces caractéristiques personnelles peuvent être exacerbées par des facteurs sociaux, comme le fait d'être une femme de couleur travaillant dans des établissements à prédominance blanche.


Elle suggère, entre autres stratégies, que de diversifier les exemples de carrières « réussies » pour inclure des postes de professeur dans des universités d'arts libéraux, des collèges communautaires et des organisations à but non lucratif et du secteur privé peut contribuer à réduire le syndrome de l'imposteur dans le milieu universitaire.


Le burnout


Bertram Gawronski (Université du Texas à Austin) écrit que « l'expérience de l'épuisement professionnel est différente de la simple sensation de fatigue ou d'épuisement ; elle provient généralement d'un manque de contrôle perçu qui conduit les gens à se sentir dépassés et “au bout du rouleau” ». (Le burnout : 3 dimensions, 6 facteurs)


Il a connu un grave burnout lorsqu'il était étudiant de troisième cycle et que ses recherches n'avançaient pas bien. Des conversations avec d'autres universitaires lui ont permis de comprendre qu'il s'agit d'une expérience courante, en particulier vers la fin des études supérieures, lorsque les étudiants se préparent à postuler à des emplois sur un marché concurrentiel. Il a trouvé utile de savoir qu'il n'était pas le seul à ressentir un épuisement professionnel et d'avoir un espace physique qui ne lui rappelait pas le travail.


Lisa M. Jaremka (Université du Delaware) attribue son épuisement au manque de sommeil, ainsi qu'à une pression intense pour réussir qui a conduit à un déséquilibre entre sa vie professionnelle et sa vie privée. Après avoir obtenu son diplôme, elle a commencé un stage postdoctoral, où l'horaire de travail de 9 h à 17 h suggéré par son mentor postdoctoral l'a aidée à retrouver une relation saine avec son travail et son milieu universitaire. Cependant, elle a connu une deuxième période d'épuisement professionnel en tant qu'assistante-professeure.


« La culture universitaire doit changer... pour rendre ces expériences moins courantes », écrit-elle, suggérant que les mentors reconnaissent l'importance de prendre des congés et que les employeurs se concentrent sur la qualité plutôt que sur la quantité de travail lorsqu'ils embauchent ou promeuvent des employés.


Molly Metz et William Ryan (Université de Toronto), psychologues mariés en début de carrière et occupant des postes d'enseignement, parlent de leur expérience de l'épuisement professionnel, en s'appuyant sur leur formation, leur relation et leur identité.


Ils suggèrent de s'engager dans une introspection, de minimiser la comparaison sociale, de se distancier des sources d'épuisement, de demander l'aide d'un thérapeute et de trouver un sens à l'aide apportée aux autres. Ils recommandent également que le monde universitaire redéfinisse la notion de « réussite », fournisse des fonds aux étudiants diplômés pour leur garantir un salaire décent, privilégie la collaboration plutôt que la concurrence et offre une formation aux compétences professionnelles, comme la rédaction de demandes de subventions et l'enseignement.


Les universitaires espèrent que le fait de partager leurs histoires personnelles dans cet article donnera un élan à des recherches supplémentaires sur ces sujets, spécifiquement axées sur les expériences des universitaires. Ils espèrent également encourager leurs collègues universitaires à partager leurs expériences négatives dans le milieu universitaire.

Pour plus d'informations, voyez les liens plus bas.

Psychomédia avec sources : Association for Psychologial Science, Perspectives on Psychological Science. Tous droits réservés


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