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Les séquelles psychologiques du virus à l'étude



Distanciation sociale, peur, incertitude... Les chercheurs de l'université du Luxembourg cherchent à savoir comment cette situation exceptionnelle peut affecter la santé mentale de la population. Avec un objectif : celui de mieux soutenir les personnes touchées, mais aussi aider les politiques dans leurs prises de décisions.


(ASdN avec Diane Lecorsais) - Pandémie mondiale, confinement et état d'urgence... Jamais une telle situation n'a eu lieu auparavant. Pour les chercheurs du groupe de travail «Autorégulation et santé» de l'université du Luxembourg, il s'agit aussi là d'une occasion inédite pour étudier les séquelles psychologiques que peut laisser cette crise sur la santé. 


Un nouveau défi pour ces chercheurs qui souhaitent comprendre «comment les gens vivent dans des situations et comment ils se sentent», souligne le professeur Claus Vögele, professeur de psychologie clinique et de psychologie de la santé. Car le moral des résidents a été mis à rude épreuve ces dernières semaines. Pour preuve, la hotline mise en place par le gouvernement a été prise d’assaut avec plus de 66.000 appels reçus mi-mai et quelque 2.900 appels au 112 en lien avec le virus. 


Des conséquences psychologiques de la situation sur lesquelles alertaient certains spécialistes dès le début du confinement, à l'instar du psychanalyste Thierry Simonelli. Mi-mars, le docteur en psychologie et en philosophie évoquait les perturbations psychiques que la situation pouvait engendrer, telles que des difficultés affectives, un inconfort émotionnel et mental ou encore un risque de dépression.  


L'isolement social s'inscrit d'ailleurs parmi les «facteurs de risque pour les maladies mentales», affirme Claus Vögele qui conseille le gouvernement dans le cadre du groupe ad hoc sur l'assouplissement progressif des mesures. Mais le flou constitue le gros point noir. Que ce soit d'un point de vue médical ou sur l'évolution de la situation, cette incertitude serait «très difficile à supporter pour la population», estime le professeur. 



Toutefois, à chaque personne sa réaction. Les chercheurs savent en effet que les répercussions peuvent varier d'un individu à un autre. «Pourquoi en est-il ainsi ? Qu'est-ce qui distingue cette personne des autres ? Que devez-vous montrer pour éviter tel ou tel effet négatif ? C'est ce qui nous intéresse», s'interroge André Schulz.

Le Dr Claus Vögele est professeur de psychologie clinique et de psychologie de la santé. Photo: Université de Luxembourg

L'objectif des chercheurs de l'Uni est donc d'«identifier les facteurs de risque» afin de mieux aider les personnes les plus vulnérables, souligne Claus Vögele. «Nous voulons savoir ce que nous pouvons faire pour ceux qui sont particulièrement sensibles aux conséquences psychologiques».



Dans cette optique, une enquête en ligne a été mise en place. L'équipe de chercheurs, dirigée par le Dr André Schulz et le Dr Annika Lutz, a ainsi élaboré environ 200 questions. Les internautes sont invités à détailler leurs pensées, leurs inquiétudes ou encore leur comportement en cette situation exceptionnelle. Et une fois n'est pas coutume, presque tout le monde peut participer puisque la crise sanitaire, souligne André Schulz, «touche un nombre incroyable de personnes».


De leur côté, les scientifiques entendent utiliser ces réponses afin de découvrir comment le virus peut aussi affecter le moral, que ce soit en matière de sommeil, d'alimentation ou de bien-être. Des conséquences qu'ils souhaitent étudier tant dans ses effets immédiats qu'à plus long terme. Car si certaines personnes «se remettront rapidement», pour d'autres, cela prendra «plus de temps». Raison pour laquelle cette première enquête sera suivie d'une seconde. Pour les chercheurs, ces enquêtes pourraient également aider «dans le processus de décision» des politiques. Un premier rapport intermédiaire est par conséquent déjà en cours et pourrait être disponible dans les prochains jours.


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